À Martigues, les maisons des quartiers historiques ont été bâties serrées les unes contre les autres, au bord de l’eau. Dans l’Île, à Jonquières ou à Ferrières, une maison de pêcheurs n’a souvent qu’une façade étroite, deux ou trois niveaux et peu d’extérieur. Les unités intérieures se placent sans trop de peine ; le vrai sujet, c’est le groupe extérieur, qu’il faut loger sans l’accrocher côté quai ni laisser ses condensats couler sur le passage.
Je viens d’Allauch, siège de MJ Climat, et je travaille dans tout Martigues, du centre jusqu’à Carro et La Couronne. Avant de chiffrer, je passe voir la maison : accès au toit, état de la terrasse, chemin possible pour les liaisons frigorifiques d’un étage à l’autre. Avant MJ Climat, je conduisais des chantiers de bâtiment ; ce regard m’aide à juger une maçonnerie ancienne avant de la traverser.
Maisons de pêcheurs de l’Île et de Jonquières : où loger le groupe
Accrocher le groupe sur la façade qui donne sur le canal est rarement la bonne idée : il se voit depuis les quais, il renvoie son bruit vers les maisons d’en face et il demande souvent une autorisation. Je cherche d’abord une solution à l’arrière ou en hauteur, là où l’air circule et où l’entretien restera possible sans nacelle.
Les condensats suivent le même raisonnement : plutôt que de laisser goutter un tuyau sur le quai, je les raccorde quand c’est possible à une descente d’eaux usées, avec un siphon pour éviter les odeurs.
- Toit-terrasse ou tropézienne, sur des plots antivibratiles
- Courette arrière, à condition que l’air chaud puisse s’en échapper
- Mur pignon ou façade arrière, loin des ouvertures des voisins
- Balcon côté cour, avec une évacuation des condensats raccordée
Deux ou trois niveaux à desservir avec un seul groupe
Dans une maison étroite, chaque étage ne compte souvent qu’une ou deux pièces. Avec un multi-split, chaque niveau reçoit sa propre unité et toutes se branchent sur la même machine extérieure : il n’y a qu’un emplacement à trouver dehors, ce qui change tout quand la place manque. Les liaisons montent alors par la cage d’escalier, un placard ou une gaine technique, habillées proprement.
Sous les toits, la dernière chambre chauffe vite l’été. Dans une pièce mansardée, une console au ras du sol évite de fixer un appareil contre la pente du plafond. Pour les murs épais du rez-de-chaussée, je prévois un carottage soigné et un fourreau afin de traverser la maçonnerie sans l’abîmer.
En résidence : l’accord de la copropriété avant la pose
Dans les résidences bâties pendant l’essor industriel de l’étang, un groupe posé sur un balcon change l’apparence de la façade : il faut en général le feu vert des copropriétaires, et parfois une déclaration préalable. Je vous remets la fiche technique du modèle, un croquis de sa position et sa puissance acoustique, que le syndic joindra à la convocation de l’assemblée générale.
Le bruit se juge aussi la nuit, quand les voisins dorment fenêtres ouvertes. Je retiens un modèle discret d’après sa puissance acoustique, j’écarte le groupe des chambres voisines et je le pose sur des silentblocs. Sur un balcon battu par le mistral, j’ajoute des fixations renforcées pour que la machine reste en place.