Au dernier étage d’un immeuble du 5e, la chaleur arrive par la toiture autant que par les fenêtres. La climatisation y fonctionne plus longtemps que dans les étages inférieurs, et son groupe extérieur, souvent posé sur la terrasse juste au-dessus, aspire un air déjà réchauffé par les tuiles et le sol brûlant.
Un échangeur propre évacue mieux cette chaleur. Encrassé par la poussière, les feuilles ou les fientes, il oblige le compresseur à travailler à plus haute pression : l’appareil consomme plus pour un résultat moindre, et ses sécurités se déclenchent les jours de canicule. L’entretien compte donc davantage sur ces emplacements exposés.
Tropézienne et toit-terrasse : un emplacement exposé à surveiller
Sur une terrasse, je regarde aussi ce qui entoure l’appareil. Des plots posés directement sur la membrane d’étanchéité finissent par la marquer, et une eau qui stagne sous le groupe l’abîme. Mon passé de conducteur de travaux me rend attentif à ces détails, qui coûtent cher quand une infiltration apparaît chez vous ou chez le voisin. Sur ce type d’emplacement, mon contrôle porte sur cinq points.
- Propreté de la batterie et des ailettes, côté soleil
- Plots et supports : stabilité, et état de l’étanchéité en dessous
- Écoulement des condensats et de l’eau de dégivrage vers une évacuation
- Isolant des liaisons, durci et fendu par les ultraviolets
- Serrage du capot et des fixations après les coups de vent
Dernier étage : un appareil qui tourne longtemps
Sous les toits, l’appareil démarre plus tôt dans la journée et s’arrête plus tard. Les filtres se chargent plus vite, la turbine s’encrasse et le bruit augmente. Je nettoie l’unité intérieure en profondeur et je compare les températures de soufflage aux valeurs attendues, pour vérifier qu’il ne manque pas de fluide.
Entre deux visites, fermer les persiennes côté soleil l’après-midi et laver les filtres régulièrement allègent sensiblement le travail de l’appareil. Inutile de régler la consigne très bas : quelques degrés d’écart avec l’extérieur suffisent à retrouver une pièce vivable.
Si la climatisation chauffe aussi l’appartement l’hiver
Dans un dernier étage ancien, mal isolé sous la toiture, la climatisation réversible sert souvent de chauffage. En hiver, le groupe sur la terrasse dégivre régulièrement et rejette de l’eau : son écoulement doit rester libre. Une visite à l’automne prépare cette saison, celle du printemps prépare l’été.
Si la plaque de votre appareil affiche entre 4 et 70 kW, la visite tous les deux ans est une obligation et non un simple conseil. Un groupe aussi exposé qu’un appareil de terrasse gagne toutefois à être vu chaque année.