Une partie du 3e se trouve dans le périmètre d’Euroméditerranée, et dans les rues anciennes de la Belle de Mai ou de Saint-Lazare, des façades sont régulièrement reprises et des intérieurs rénovés. Plâtre, ciment, poussière de démolition : ces particules très fines traversent les filtres fatigués et se collent sur l’échangeur humide de l’unité intérieure.
Le métier que j’exerçais avant MJ Climat, conducteur de travaux, m’a montré à quelle vitesse la poussière d’un chantier voisin envahit un logement, et ce qu’elle fait à un appareil qui continue de tourner pendant les travaux. Ces dégâts s’évitent assez facilement quand on les anticipe.
Pendant les travaux : arrêter, protéger, puis nettoyer
Le cas le plus sévère est celui de votre propre logement en rénovation : ponçage, enduits, découpe de carrelage. La poussière est alors à l’intérieur, et l’unité l’aspire directement. Quelques jours suffisent à colmater les filtres et à tapisser l’échangeur. Quatre précautions limitent les dégâts.
- Arrêter l’appareil les jours de démolition ou de ponçage à proximité
- Couvrir l’unité intérieure d’une housse pendant les travaux intérieurs, appareil éteint
- Ne pas emballer le groupe extérieur de façon étanche : l’humidité resterait piégée
- Prévoir un nettoyage complet une fois le chantier terminé, avant la remise en route
Plâtre et ciment : ce que la poussière minérale fait à l’appareil
Mélangée à l’eau de condensation, la poussière minérale forme une boue qui tapisse le bac et finit par boucher l’évacuation : l’eau déborde alors de l’unité. Sur la turbine, le dépôt déséquilibre les pales et réduit le débit d’air, au point que l’échangeur peut geler.
Dehors, la batterie du groupe se colmate de la même façon, surtout si l’on gâche du mortier ou découpe de la pierre à proximité. Je brosse d’abord ce dépôt minéral à sec, puis je rince : mouillé d’emblée, il durcit au fond des ailettes. L’évacuation des condensats et la pompe, s’il y en a une, sont contrôlées ensuite.
Un rythme d’entretien pour un quartier en chantier
Près d’un chantier, le minimum légal ne suffit pas. Ce minimum, une visite tous les deux ans, vaut pour les climatisations de 4 kW et au-delà, jusqu’à 70 kW. Quelle que soit la puissance, je conseille ici une visite annuelle avant l’été, et un nettoyage supplémentaire dès qu’un gros chantier se termine à côté de chez vous.
Les rues denses du 3e chauffent vite en juillet, et un appareil encrassé y perd une bonne part de son efficacité juste quand la chaleur devient pénible. Mieux vaut le remettre en état avant cette période.