Dans le 16e, le littoral de L’Estaque et les abords du port placent de nombreux logements tout près de l’eau. Les jours de vent, les embruns se déposent sur les façades et sur les groupes extérieurs. Le sel retient l’humidité et ronge peu à peu l’aluminium des ailettes, le cuivre des raccords et les connexions électriques.
Ces dégâts avancent sans bruit. Une installation peut perdre son fluide pendant des mois avant de souffler tiède, ou fonctionner normalement jusqu’au jour où une connexion oxydée coupe tout. Sur place, je contrôle d’abord ces points faibles, je mesure les pressions et je recherche la fuite, plutôt que de recharger l’appareil à l’aveugle.
Fuite lente de fluide : le sel sur les raccords et la batterie
Les raccords frigorifiques, à l’arrière du groupe, associent cuivre et laiton : le sel y accélère la corrosion. Sur la batterie, il creuse de minuscules piqûres dans les tubes. Dans les deux cas, le fluide s’échappe lentement : la clim refroidit de moins en moins, du givre apparaît sur les tuyaux, puis l’appareil se met en défaut.
Je localise la fuite avec un détecteur électronique ou un produit moussant, puis je juge si elle se répare. Un raccord se refait ; une batterie piquée en plusieurs endroits se remplace, ou condamne l’appareil s’il est ancien. Recharger sans réparer, c’est relâcher le fluide dans l’air et revenir quelques semaines plus tard.
Groupe qui ne démarre plus : connexions oxydées et carte électronique
Sous le capot électrique, l’air salin oxyde peu à peu bornes et cosses. Une connexion qui s’échauffe peut provoquer des arrêts aléatoires, un code d’erreur de communication entre les unités, ou un groupe qui ne démarre plus du tout. Quand l’humidité salée atteint la carte électronique, elle y laisse parfois des traces vertes ou blanches.
Je nettoie et je reprends les connexions, je mesure les tensions et je teste la communication entre unité intérieure et groupe. Si la carte est touchée, je vérifie la disponibilité de la pièce avant de vous proposer son remplacement ; sur un appareil récent, c’est souvent la solution raisonnable.
Corrosion avancée : quand la réparation ne vaut plus la peine
Quand la corrosion touche à la fois la batterie, les raccords et la carcasse, multiplier les réparations revient à prolonger un appareil usé. Je vous l’explique sans détour, en m’appuyant sur ce que j’ai constaté. S’il fonctionne encore au R22, la question est tranchée : la réglementation interdit toute recharge avec ce fluide.
Si l’on remplace, l’ancien fluide est aspiré et conservé pour être traité. Je choisis alors un groupe dont la batterie est protégée contre la corrosion, installé hors de portée des embruns quand la maison le permet.