Une machine qui fonctionne des journées entières pendant des semaines brasse énormément d’air. Poussière, pollen et humidité s’y accumulent bien plus vite que chez quelqu’un qui l’allume deux heures le soir. Dans une maison dont les murs ont emmagasiné la chaleur de l’après-midi, l’appareil continue de tourner tard dans la soirée, et ses pièces d’usure travaillent d’autant.
Mon entretien vise d’abord ce que cette utilisation intensive fatigue en premier : filtres, turbine, bac à condensats, batterie extérieure, connexions électriques. Il concerne les climatisations réversibles comme les pompes à chaleur air/eau qui chauffent aussi la maison. Si une pièce montre des signes d’usure, je vous le signale avant qu’elle ne lâche en plein mois d’août.
Bac à condensats et turbine : d’où viennent les mauvaises odeurs
Quand l’appareil rafraîchit, il retire l’humidité de l’air. L’eau ruisselle sur la batterie intérieure, tombe dans un bac puis s’écoule vers l’extérieur. Avec la chaleur et des semaines de marche, un dépôt gluant se forme dans ce bac et sur la turbine : il sent la cave au démarrage, puis finit par boucher l’évacuation, et l’eau déborde sur le mur.
Je dépose les capots nécessaires, je nettoie et désinfecte batterie, turbine et bac, puis un test à l’eau claire me confirme que l’évacuation fonctionne jusqu’au bout. Si une pompe de relevage équipe l’appareil, je teste son flotteur et son déclenchement.
Une visite avant les fortes chaleurs, un contrôle à la rentrée
La visite principale se place au printemps, avant le premier épisode de chaleur : un défaut repéré en mai se règle sans urgence, alors qu’en juillet il faut parfois attendre une pièce pendant la canicule.
Un contrôle de fin de saison a aussi son intérêt, une fois que le pollen des pins au printemps et la poussière sèche de l’été se sont additionnés sur les filtres et la batterie. Il prépare la machine à l’hiver si elle sert au chauffage, et permet de vérifier qu’aucun débris n’est resté coincé dans le groupe.
Ce que dit le décret et ce que je mesure
La plaque signalétique annonce une puissance nominale d’au moins 4 kW et d’au plus 70 kW ? Dans ce cas, le décret n° 2020-912 vous oblige à confier l’appareil à un professionnel pour un entretien, sans laisser passer plus de deux ans. Lorsque la charge de fluide franchit un seuil fixé en tonnes équivalent CO2, l’étanchéité du circuit doit en plus être vérifiée périodiquement. Sur une machine qui a beaucoup tourné, je mesure notamment :
- Les températures de l’air soufflé et repris, pour juger la production de froid
- Les pressions de fonctionnement du circuit frigorifique
- L’intensité absorbée par le compresseur et le ventilateur
- Les traces d’huile sur les raccords, signe possible de fuite