De Belsunce au quartier de l’Opéra, en passant par Noailles et Thiers, le 1er aligne des immeubles anciens serrés les uns contre les autres. Beaucoup d’appartements donnent d’un côté sur la rue, de l’autre sur une courette où l’air circule peu. Sous les toitures, les derniers étages emmagasinent la chaleur de la journée et la restituent toute la nuit.
Avant de proposer un système, je viens voir l’immeuble : la largeur de l’escalier, l’accès au toit, la nature des murs que traverseront les liaisons frigorifiques. Dans le bâtiment, où j’ai été conducteur de travaux, on apprend à observer un immeuble ancien avant d’y percer quoi que ce soit, et à se méfier de ce que cache un plancher ou une cloison.
Côté cour ou en toiture plutôt que sur la façade de la rue
Sur la Canebière, la rue Saint-Ferréol ou dans les petites rues de l’Opéra, un groupe accroché en façade modifie l’aspect de l’immeuble. Une déclaration préalable peut alors être exigée par la mairie, et la copropriété doit en général donner son accord. Je cherche donc en priorité un emplacement côté cour, sur un toit-terrasse ou au fond d’une courette.
La courette a ses contraintes : les fenêtres voisines sont proches, le bruit rebondit entre les murs, et l’air rejeté ne doit pas être réaspiré par l’appareil. Je choisis un matériel au niveau sonore adapté, posé sur des supports antivibratiles, et je laisse un dégagement suffisant devant le soufflage. Avant de vous proposer un emplacement, je fais le tour des points suivants.
- La largeur de l’escalier et l’absence éventuelle d’ascenseur
- L’accès au toit : trappe, lucarne ou terrasse
- L’état des murs et des planchers à traverser
- Les fenêtres voisines tournées vers la courette
- Le règlement de copropriété et les décisions déjà votées
Traverser des murs anciens et préserver les tomettes
Les murs de ces immeubles sont souvent en moellons liés à la chaux, épais et parfois irréguliers. Le carottage descend légèrement vers le dehors, afin que l’eau de condensation ne revienne jamais vers la pièce ; je rebouche ensuite proprement autour des liaisons. Dans les pièces aux sols de tomettes ou aux planchers bois, je fais cheminer les tuyaux en hauteur plutôt qu’au sol.
Reste l’eau que produit l’appareil en refroidissant : je la raccorde à une évacuation de la cuisine ou de la salle d’eau, ou je la confie à une petite pompe de relevage, plutôt que de la laisser tomber sur le trottoir.
Derniers étages sous la toiture : la chaleur qui arrive par le haut
Au dernier étage d’un immeuble de l’Opéra ou de Thiers, les tuiles et le plancher des combles accumulent la chaleur toute la journée, puis la rendent à l’appartement pendant la nuit. Le calcul de puissance doit intégrer cet apport par le haut, en plus de la surface et des fenêtres.
Je regarde aussi ce qui peut réduire le besoin avant d’ajouter des kilowatts, comme une isolation des combles encore réalisable. Dans une chambre mansardée, une console posée bas remplace parfois l’unité murale, faute de hauteur sous le rampant.