Construits en grand nombre au XIXe siècle, ces immeubles de trois ou quatre niveaux occupent une parcelle étroite et profonde. Chaque étage forme souvent un appartement traversant : séjour côté rue, chambres ou cuisine côté cour, escalier sur le côté. Ce plan allongé se rafraîchit mal avec un seul appareil placé à une extrémité.
Ces immeubles sont souvent partagés entre trois ou quatre propriétaires. Même dans une copropriété aussi petite, poser un groupe dans la cour commune ou faire passer des liaisons dans l’escalier demande une décision collective. Je vous fournis les éléments techniques pour la présenter à vos voisins.
Un appartement traversant : multi-split ou deux splits
Entre la rue et la cour, deux zones se dessinent : les pièces de jour, souvent exposées au soleil sur la façade, et les chambres, plus calmes côté cour. Un multi-split avec deux unités intérieures et un seul groupe dessert l’ensemble ; deux splits indépendants restent possibles si les pièces sont éloignées.
Quand un couloir relie les deux côtés et que la hauteur le permet, un petit gainable dans un faux plafond peut aussi souffler dans chaque pièce par des grilles. Je calcule la puissance zone par zone, selon l’orientation de chaque façade.
La cour, le toit ou la tropézienne : où mettre le groupe
La cour arrière est l’emplacement le plus direct, mais le bruit y rebondit entre des façades proches. Je place le groupe à distance des fenêtres, sur des supports amortissants, avec un appareil au niveau sonore modéré. Une tropézienne au dernier étage, invisible depuis la rue, offre une autre solution si les liaisons peuvent descendre jusqu’à l’appartement. Pour se prononcer, la copropriété voudra connaître les éléments suivants.
- L’emplacement exact du groupe et ses dimensions
- Le bruit de l’appareil, en décibels, tel que le fabricant l’indique
- Le trajet des liaisons dans la cour ou l’escalier
- La manière dont l’eau de condensation sera évacuée
Murs mitoyens et cage d’escalier : passer les liaisons proprement
La cage d’escalier est une partie commune : y faire passer des liaisons demande l’accord de la copropriété et une finition soignée, dans une goulotte peinte ou un coffrage. La façade arrière offre souvent un trajet plus simple. Je carotte les murs en moellons avec précaution et je rebouche proprement.
Je déconseille de fixer un groupe sur un mur mitoyen qui donne sur la chambre d’un voisin : les vibrations s’y propagent. Les chantiers que j’ai conduits m’ont appris comment ces immeubles du XIXe siècle sont bâtis, et ce que leurs murs supportent.