Beaucoup d’immeubles du 6e ont été bâtis bien avant l’arrivée de la climatisation, et les appareils y ont été ajoutés après coup. L’eau de condensation a été raccordée là où passait une descente, l’unité a été calée dans une chambre étroite, le groupe dans une courette. Ces arrangements tiennent des années, puis une odeur apparaît, souvent avec les premières grosses chaleurs.
Avant mon passage, notez quand elle se manifeste : au démarrage, après quelques minutes, seulement en mode chauffage, ou quand la salle de bains voisine sert. Si elle évoque le brûlé ou le plastique chaud, coupez l’appareil. Ces observations orientent le diagnostic et m’évitent de changer une pièce qui n’est pour rien dans la panne.
Odeur d’égout : un écoulement raccordé sans siphon
Dans un immeuble ancien, c’est la première piste que je vérifie. Le tuyau qui évacue l’eau de l’unité intérieure a été branché sur une canalisation d’eaux usées, parfois une vieille descente en fonte, sans siphon, ou avec un siphon qui s’est vidé. Quand l’appareil tourne, il aspire l’air de cette canalisation et le renvoie dans la pièce.
Après un hiver sans climatisation, ou pendant une longue absence, la garde d’eau s’évapore et l’odeur revient. Je remplace ce raccordement par un siphon conçu pour les condensats, qui reste étanche même sans eau, et je contrôle la pente du tuyau jusqu’à la descente.
Moisi ou cave : ce qui se développe dans l’appareil
Une odeur de linge humide vient de l’intérieur de l’unité : bac où l’eau stagne, turbine couverte d’un dépôt gras, échangeur qui n’a jamais été nettoyé. Dans une petite chambre peu aérée, sur cour, ces dépôts prolifèrent plus vite qu’ailleurs.
Je démonte ce qui doit l’être ; l’échangeur, le bac et la turbine sont ensuite lavés et désinfectés, avant un essai qui montre si l’eau s’écoule jusqu’au bout. Si le bac reste en eau parce que la pente s’est perdue, l’odeur reviendrait vite : je reprends alors l’évacuation.
Odeur de brûlé ou de plastique chaud : couper d’abord
Celle-là ne se surveille pas, elle se traite. Elle trahit en général un échauffement électrique : borne desserrée, câble trop faible, moteur de ventilateur qui force, carte électronique abîmée. Dans un appartement ancien, l’appareil partage parfois sa ligne avec d’autres équipements. Coupez-le au disjoncteur et laissez-le arrêté jusqu’à mon contrôle.
- Serrage des bornes dans les deux unités
- Section et protection de la ligne d’alimentation
- Intensité absorbée par le ventilateur et le compresseur
- Traces de chauffe sur la carte et les connecteurs